
Selon France Info, l’exploitation des deux derniers forages par Perrier à Vergèze, dans le sud de la France, a été suspendue pendant plusieurs jours. Les autorités sanitaires doivent désormais remettre un rapport qui pourrait conduire le préfet à renouveler l’autorisation donnée à Nestlé pour exploiter la source en eau minérale naturelle
L’exploitation des deux derniers forages exploités par Perrier pour la production d’eau minérale naturelle sur le site de Vergèze, dans le sud de la France, a été interrompue la semaine passée après la détection de nouvelles contaminations bactériennes, annonce ce mercredi la cellule investigation de Radio France. Près de 4 millions de bouteilles seraient par ailleurs bloquées par les autorités sanitaires.
Nestlé, propriétaire de la marque, confirme avoir «détecté une anomalie dans l’une de ses analyses» et avoir «suspendu temporairement un forage pour réaliser des analyses complémentaires». Concernant la fermeture d’un des puits, la multinationale évoque un simple problème technique, lié à une «panne de courant», et explique avoir relancé la production vendredi pour les deux forages. Selon la multinationale, «l’eau minérale naturelle Source Perrier peut être bue en toute sécurité».
Ces nouveaux incidents s’ajoutent à une longue suite de défaillances, que rappelait en mai un rapport publié par les sénateurs français en charge de la commission d’enquête sur cette affaire. Dans le chapitre intitulé «minimisation du risque sanitaire», les sénateurs évoquaient «au moins trois épisodes de contaminations en juin 2020, septembre 2020 et janvier 2021», non signalés par Nestlé aux autorités de santé.
Un avis préfectoral attendu d’ici la fin de l’année
Les révélations de France info surviennent alors que le préfet du Gard doit prochainement trancher: Perrier peut-elle encore prétendre au statut d’«eau minérale naturelle» ? Le 4 juillet, Nestlé a déposé une demande d’autorisation limitée aux deux forages suspendus la semaine dernière – deux puits qui, comme l’ensemble du site de Vergèze, avaient pourtant essuyé en avril un avis sanitaire défavorable.
Selon les informations du site, le directeur de l’ARS Occitanie, Didier Jaffre, doit néanmoins remettre ce mercredi au préfet, Jérôme Bonet, un rapport cette fois «favorable sous réserves». Avis qui pourrait permettre à Nestlé de poursuivre son exploitation, en dépit de contaminations répétées, manifestement incompatibles avec la réglementation sur les «eaux minérales naturelles». Le préfet du Gard devrait rendre sa décision avant la fin de l’année.